Institut de Formation pour le Management des Personnes

Cycle 2010-2011 de la formation MANAGEMENT RESPECTUEUX DES PERSONNES

Jeudi 30 septembre 2010, par stan // Vu pour vous

L’IFMP est une association loi 1901 créée par des étudiants et cadres d’entreprise.

L’Institut est principalement destiné aux élèves des écoles d’ingénieurs, de gestion, de commerce, d’universités et aux jeunes professionnels.

L’Institut répond aux attentes de ceux qui souhaitent développer leur vie professionnelle en considérant le respect des personnes comme un impératif et non comme une option.

Il propose une formation complémentaire développant une intelligence des situations et des personnes, afin de réaliser cet impératif dans le cadre d’une vision positive et réaliste du monde du travail. Il donne des repères solides, des fondamentaux du management validés par l’expérience, pour orienter son action.

L’IFMP propose une méthode, des outils pédagogiques accessibles en ligne et un accompagnement aux personnes qui suivent le parcours proposé

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MANAGEMENT REPECTUEUX DES PERSONNES 2010-2011 IFMP

21 sept. 2011 - Associer morale et management, est-ce ridicule ?

Y a-t-il des exigences morales liées à l’exercice du management ? Y a-t-il des valeurs communes, universelles, qui sous-tendent ces exigences ? J’ai eu récemment l’occasion de poser ces questions au patron d’une très belle entreprise multinationale française. Pour en préciser le sens de façon imagée, j’ai pris comme exemple la circulation de l’information : "si vous demandez l’heure à l’un de vos collaborateurs, comment réagiriez-vous s’il ne vous donnait pas l’heure juste ? Ne devriez-vous pas rappeler l’obligation pour chacun de distribuer des informations vraies ?" La réponse a fusé : "non, je serais ridicule !" 
Et le patron d’embrayer sur une démonstration en deux points.
 Premier point, les collaborateurs savent implicitement qu’il ne faut pas raconter d’histoires...car dans l’ADN de cette entreprise le "pipeautage" est une cause d’exclusion...
 Deuxième point, il ne faut pas confondre morale et efficacité économique. Reprenant à son compte la démonstration d’André Comte Sponville dans "Le capitalisme est-il moral", il faut savoir distinguer les "ordres" sans confusion...

Selon cette analyse, pour comprendre et fixer des limites à ce que nous faisons, il convient de distinguer quatre "ordres" :

1- L’ordre techno-scientifique qui rend compte de ce qui est possible ou impossible 
 2- L’ordre juridico-politique qui exprime ce qui est légal ou illégal
 3- L’ordre de la morale, qui dit le bien et le mal, le devoir et l’interdit
 4- L’ordre de l’éthique, qui concerne ce qui est fait par amour

Pour Comte Sponville, le ridicule c’est la confusion des ordres, le ridicule au pouvoir c’est la tyrannie. La tyrannie de l’ordre inférieur serait de la barbarie. La tyrannie de l’ordre supérieur serait de l’angélisme. Autant la distinction proposée apparaît intellectuellement intéressante, autant il serait irréaliste de vouloir l’appliquer au pied de la lettre. Parce que nous vivons dans les quatre ordres à la fois et que la question de leur convergence se pose constamment.

Dans l’entreprise, de quels ordres relève le fonctionnement de la collectivité de travail ? Si la morale n’y occupe pas une place unique, quelle est son importance ?

Selon Octave Gélinier " La morale est ce qui, dans un groupe humain, gouverne les moeurs, c’est-à-dire les comportements des personnes les unes à l’égard des autres. La morale est faite d’un ensemble de jugements de valeur et de règles de conduite qui se traduisent dans les consciences par la notion de devoir. Tous les groupes humains capables de survie sont régis par une morale, qui semble remplir deux fonctions vitales : modérer les conflits internes qui pourraient faire périr le groupe ; et protéger les intérêts à long terme du groupe contre les pulsions du court terme des individus. "... " La légitimité de l’entreprise ne peut être fondée de nos jours que sur l’établissement, avec ses divers partenaires, notamment salariés, d’une certaine convergence d’intérêts et d’objectifs, d’une vision partagée des buts et des moyens. En d’autres termes, d’une finalité acceptable et de règles utiles et justes pouvant recueillir une assez large adhésion. "

Dans cette perspective, associer morale et management n’apparaît pas ridicule mais indispensable.

Comte Sponville lui-même reconnaît que " s’il n’y a pas de morale de l’entreprise, il doit y avoir de la morale dans l’entreprise, par la médiation des seuls qui puissent être moraux, par la médiation des individus qui y travaillent, et spécialement qui la dirigent. " 
 L’expérience universelle montre qu’on ne peut évacuer sans dommages la morale du fonctionnement des sociétés humaines. Comme l’écrivait François MAURIAC dans son journal, "Tout est permis à qui détient la puissance... Mais l’homme qui a choisi d’être citoyen d’un monde sans loi morale ne devrait jamais quitter sa cotte de mailles, ni boire aucun breuvage avant qu’un esclave y ait trempé ses lèvres, et surtout n’ajouter foi ni à l’amitié, ni à l’amour, ni à la fraternité des armes."

L’IFMP propose une méthode, des outils pédagogiques accessibles en ligne et un accompagnement aux personnes qui suivent le parcours proposé
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