épuisé chez Dalloz - en ligne pour les étudiants

Ethique des affaires et du management au XXIe siècle. Essai.

Philippe le Tourneau

Mardi 25 juin 2013, par stan // Ressources

Ce livre, publié par Dalloz Dunod en 2000 (2e tirage 2001 ; traduit en espagnol par R. Abarca Fernandez), est épuisé depuis longtemps. Des collègues m’ont suggéré de l’insérer dans mon site ; je m’y suis décidé, avec l’autorisation de l’éditeur.

Philippe le Tourneau

Une très bonne nouvelle que d’en permettre à nouveau la lecture aux étudiants etc. car c’est un ouvrage excellent que nous recommandons chaudement. Notons une remise à jour en 2012 !

Merci de tout cœur à son auteur, avec les chaleureux compliments su comité d’Ethicpedia.

Ethique des affaires et du management au XXIe siècle. Essai. Ethique des affaires et du management au XXIe siècle. Essai.

"L’éthique des affaires n’a jamais été autant en vogue qu’à notre époque ; elle imprègne l’air du temps comme une sorte de mythique utopie. Née dans le dernier quart du XXe siècle, elle subsistera au moins pendant les premières décennies du XXIe siècle"[....]

Ethique des affaires et du management au XXIe siècle. Essai.

"Jean qui rit et Jean qui pleure

L’actuelle vague éthique est tout à la fois encourageante et inquiétante : Jean peut en rire (s’en réjouir) tout autant qu’en pleurer (s’en lamenter). Réconfortante, car elle manifeste une haute vision de l’homme ; elle peut paraître de l’essence de la nouvelle modernité, née de la conviction que le libéralisme économique (seul système efficace assurément) a besoin de freins, en l’absence desquels il susciterait nombre d’effets pervers (dont la « réification » de l’homme). Alarmante, dans la mesure où, paradoxalement, elle révèle sans doute une dégénérescence de la morale et des comportements contractuels. Tacite observait que lorsqu’un peuple n’a plus de mœurs, il légifère ; cet appel constant à la morale n’est-il pas le signe d’un manque ? Voyez ce qu’écrivait Rousseau à propos des Romains : pendant longtemps « ils s’étaient contentés de pratiquer la vertu, tout fut perdu quand ils commencèrent à l’étudier ». En effet, jamais l’invocation à l’éthique n’est si vive que lorsqu’elle a déserté la vie. De sorte que, plus qu’une mode, sa convocation incessante est un mouvement profond et durable, traduisant un trouble devant la désagrégation des repères traditionnels, et l’attente d’une nouvelle hiérarchie des valeurs. Quoi qu’il en soit, le fait est là ; une sorte de précepte prédomine : De la morale avant toute chose ! Or, la consigne est souvent malaisée à mettre en œuvre : les questions éthiques que les entreprises ont à résoudre dans les affaires sont aujourd’hui si complexes, mêlent tant de paramètres contradictoires, que l’idéalisme doit souvent faire bon ménage avec une certaine dose de pragmatisme ; « à la croix des deux routes » (dépeinte par l’extrait du poème de Péguy placé en exergue), l’homme d’affaire est souvent dans l’embarras.