Thèse Ecole pratique des hautes études - EPHE PARIS

La liberté humaine chez Thomas d’Aquin

Jean-Marc Goglin

Mardi 27 septembre 2011, par stan // Ressources

La liberté humaine, sujet éternel s’il en est qui taraude notre agir et soulève d’autant plus la question de son pendant qu’est la responsabilité...

Merci de tout coeur et nos chaleureux compliments à Jean-Marc Goglin pour ce beau travail, fort utile à la réflexion.

Et d’avoir choisis de mettre sa thèse en ligne sur le site TEL, lui offre de nouveaux lecteurs.

Site TEL

Des actes qui parlent

Il est acquis que la théorie de la liberté humaine de Thomas d’Aquin n’est pas déterministe. Dans chacune de ses œuvres, celui-ci accorde à l’homme de pouvoir se porter sur des contraires. Sans contestation possible, Thomas modifie sa conception de la liberté de l’homme tout au long de son enseignement. Dans le commentaire sur les Sentences, il accorde la primauté au libre arbitre : il lui accorde d’être un jugement libre de toute contrainte et de toute nécessité. À partir du De Veritate, l’Aquinate accorde la primauté à la voluntas, faculté appétitive et motrice de l’âme. Sans minimiser l’importance de l’arbitre, il en fait un acte, à savoir le choix de la volonté. Dans aucune œuvre, Thomas ne fait de la volonté un paradigme. Il n’en propose pas moins une définition aboutie. Il distingue la polysémie de la notion de potentia et accorde à la voluntas d’être à la fois une puissance et un acte ; précisément, il accorde à la volonté de vouloir naturellement mais librement et de choisir librement. Dans le De Malo et la Prima Secundae Pars, il théorise avec précision la différence entre la liberté de spécification et la liberté d’exercice En définitive, l’Aquinate définit la liberté comme l’apanage de la volonté. Il lui accorde d’être à la fois une faculté volontaire et désirante, d’avoir la maîtrise de ses actes et d’être libre de toute nécessité : la volonté peut vouloir ou ne pas vouloir. Mais il ne fait pas du choix un acte indifférent. Les innovations majeures thomasiennes portent sur l’intérêt croissant accordé à la métaphysique et à l’éthique. Dans la Summa theologiae, le dominicain enracine la liberté éthique dans une liberté psychologique et s’insère dans une métaphysique de l’agir qui permet la réalisation de l’être. La liberté se comprend à la fois comme potentiel à réaliser, comme pouvoir et comme acte dans le cheminement du retour à Dieu. Thomas accorde donc à l’homme d’être libre de devenir libre.

Télécharger La liberté humaine chez Thomas d’Aquin