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Traité de Morale, volume I & II par Eugène Dupréel

par Eugène Dupréel - 1932- réed. 1967 - Editions de l’Université de Bruxelles

Vendredi 8 mars 2013, par stan // Ressources

Un classique d’un grand auteur à revisiter. Avec les compliments du comité d’Ethicpedia !

Traité de Morale, volume I & II par Eugène Dupréel

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AVANT-PROPOS

Durant le temps qu’on s’occupe de comprendre. on ne doit point se soucier d’édifier. Ce livre veut être œuvre de science, ce n’est pas un cours de morale pratique. L’auteur ne se charge ni d’enseigner les devoirs de l’honnête homme, ni de démontrer que la vertu vaut mieux que le vice, et que celui qui se soumet à ses règles n’est pas la dupe de ses préjugés. Les pages qui suivent ne sont destinées qu’à des personnes jugées capables de s’ y intéresser, et cette capacité ne va pas sans une conscience morale développée au préalable. Il faut connaître les règles élémentaires et être convaincu de la valeur de leurs commandements. Celui qui ne s’est jamais senti attiré Vers aucune sorte de musique ne s’intéressera guère à une philosophie de la musique, et une vive curiosité de savoir ce que c’est que la beauté ne saurait venir qu’à ceux qui ont le bonheur de la sentir. Il n’en va pas autrement pour le sentiment du bien. Quant aux gens dépourvus de celte adhésion de la conscience, nous ne les empêchons pas de nous lire, si l’ennui ne les arrête, mais qu’ils ne viennent pas se plaindre ou se vanter de ce que nous ne les aurons pas convertis : ce n’était pas notre but et nous n’écrivons pas pour eux. L’objet de notre étude est donc considéré comme donné. Il nous est fourni par l’expérience externe, l’observation du monde social et des règles de conduite qu’on y trouve suivies ou proclamées, et par l’expérience interne, notre propre sentiment du bien et l’acquiescement que nous ne refusons pas aux règles mo­rales. Notre tâche doit consister à explorer et, si possible, a expliquer un ordre de phénomènes qui, à la réflexion, sont les plus surprenants de tous : Pourquoi y a-t-il et comment peut-il y avoir des êtres moraux, du dévouement, du sacrifice, de la discipline volontaire, un effort pour remonter le courant si énergique de nos impulsions égoïstes ? Pourquoi y a-t-il parfois des héros et des saints, pourquoi beaucoup de gens, comme nous mêmes, veulent-ils être d’ honnêtes gens, pourquoi enfin découvre-t-on des velléités morales jusque chez les plus vils ? Comment expliquer l’opposition des tendances intéressées et de la conscience morale, et la victoire possible de celle-ci sur celles-là ? Cette question générale comporte des problèmes complémentaires trop souvent laissés dans l’ombre : pourquoi le degré de moralité est-il si variable ? Prenons garde de justifier si bien la vertu qu’ il devienne incompréhensible que son règne ne soit pas universel. Pourquoi enfin, problème plus troublant, l’opposition, dans la vie, n’est-elle pas toujours entre le bien et le mal mais quelquefois aussi entre deux bonnes intentions ? Se pourrait-il que nous découvrions des morales contradictoires ? Un tel manque d’unité du bien n’est-il qu’une imperfection susceptible de disparaître et qui serait toute dans des rencontres accidentelles. non dans la nature des choses ? [...]

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