éditions Masson et Cie

L’Éducation de soi-même

Paul Dubois - 1909

Mardi 21 mai 2013, par stan // Ressources

Un ouvrage de 1909, à relire volontiers pour aujourd’hui sur le plan réflexif.

L'Education de soi-même

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[...] La seule liberté dont jouisse l’homme, c’est de pouvoir réagir sous l’influence d’une idée, de pouvoir obéir soit aux mobiles de sa sensibilité, c’est-à-dire à ses passions, soit aux motifs de la raison. Cette obéissance est consentie, et c’est pourquoi nous la qualifions de libre ; mais cet assentiment dépend de notre mentalité innée et acquise. Pour lutter contre les entraînements passionnels, nous avons besoin, non de liberté, mais d’un ensemble de vues morales qui fassent pencher la balance mentale du bon côté. Il faut que la petite tète pensante que nous supposons placée au bout de l’index ait un regard clair, une vue nette de ce qui est le bien et de ce qui est le mal. [....]

[....] Le mot latin intelligere veut dire comprendre. Or on voit tous les jours des gens qui, passés maîtres dans le domaine de la science, des arts, de la politique, ne comprennent pas et sont, au point de vue éthique, des idiots ou des faibles d’esprit. Il leur manque précisément l’intelligence la plus nécessaire, celle qui fait des hommes ; ils n’ont, hélas, que celle, plus brillante aux yeux du monde, qui fait des savants, des artistes, des hommes d’État, souvent aussi des escrocs de génie.[....]

[....] Ce qu’il faut à l’homme, c’est une foi dans un Idéal de beauté morale, un attachement toujours plus complet à des vues éthiques contribuant à lui donner le bonheur sur cette terre, non pas ce bonheur contingent dépendant des circonstances, mais le bonheur intime, qui résulte uniquement de l’harmonie toujours plus complète entre la conduite et l’aspiration idéale. [....]

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