Un débat entre philosophes médiévaux et contemporains

L’acrasie (faiblesse de la volonté) est-elle possible ?

un projet de recherche de philosophes canadiens - Fabienne Pironet, Sarah Stroud, Christine Tappolet

Lundi 22 septembre 2008, par stan // Articles & Commentaires

Introduction

A en croire Dante, c’est par acrasie ou faiblesse de la volonté que Francesca di Rimini et Paolo Malatesta commirent le péché d’adultère qui leur valu d’éternelles tortures. Ils étaient, on peut semble-t-il le supposer, parfaitement conscients que leurs étreintes étaient non seulement moralement répréhensibles, mais aussi loin de servir leurs véritables intérêts, les souffrances infernales ne pouvant être compensées par quelques instants de plaisir. Ils savaient sans doute qu’il était préférable, tout compte fait, de ne pas céder à la tentation. En dépit de cela, la lecture d’un roman galant suscita en eux un tel désir que leurs principes restèrent lettre morte. On connaît la suite : l’époux surprit le couple adultérin en flagrant délit et mit fin à la fois à leurs ébats et à leurs jours.

L’acrasie est-elle possible ? Est-il possible, comme ce récit semble l’indiquer, d’agir alors même qu’on juge, voire qu’on sait que, toutes choses considérées, il vaudrait mieux s’abstenir ? Cette question, aussi ancienne que la philosophie occidentale, est loin de trouver une réponse unanime parmi les philosophes ! A la suite de Socrate, qui concluait que l’acrasie n’est pas possible parce que nul ne fait le mal (con)sciemment, la plupart des philosophes antiques et médiévaux s’attaqueront à cette question. Après un passage au second plan pendant quelques siècles, les philosophes contemporains, s’inspirant de l’Antiquité, redécouvrirent l’intérêt philosophique d’un débat sur l’acrasie.

Traditionnellement posée comme un problème moral, la question de la possibilité de l’acrasie en soulève cependant d’autres qui touchent tant à la philosophie de l’esprit (ou philosophie de la psychologie) qu’à la philosophie de l’action ou encore à l’épistémologie (ou philosophie de la connaissance). Confrontant nos points de vue différents et divergents, faisant se rencontrer deux époques (contemporaine et Moyen Age) et combinant deux méthodes (analytique et historique), notre projet visera à apporter des éléments de réponses nouveaux et utiles à la question de la possibilité de l’acrasie.

La suite par ici sur la page de Fabienne Pironnet

Aute article intéressant : FAIBLESSE DE LA VOLONTÉ ET AUTONOMIE Christine Tappolet