L’enveloppe de billets - Cas n°3

proposé par GUILLAUME DE LACOSTE LAREYMONDIE

Jeudi 20 mai 2010 // Banque de Cas - situations à étudier

Vous venez d’être nommé directeur d’un hôpital prestigieux, où vous étiez jusque-là un interniste réputé, mais sans responsabilité de gestion. Vous avez été recruté de préférence à tous les chefs de service, qui pour la plupart étaient candidats au poste.

Les comptes ne sont pas bons depuis longtemps et laissent présager des problèmes graves à venir – et vous avez été justement missionné pour redresser la situation. De plus, l’ambiance est très dégradée : luttes de clans, haines anciennes, coups bas, histoires sordides qui circulent, où la calomnie se mêle à des faits réels graves qui n’ont jamais été sanctionnés. Certaines de ces histoires ont même été reprises en partie dans la presse locale.

Votre prédécesseur ayant été licencié pour des raisons obscures, il n’y a pas eu de transmission de suite. Votre conseil d’administration, constitué de pontes vieillissants et de représentants des autorités politiques, vous soutient mollement et ne se mouillera pas pour vous : tout ce qu’ils veulent, c’est qu’il n’y ait pas de vague. Vous n’avez aucun allié sûr parmi le management, car tous convoitaient votre poste et ne l’ont pas eu.

Au bout d’un mois, un soir, à l’heure où tout le personnel est parti, un salarié que vous ne connaissez que de loin frappe à la porte de votre bureau. Il entre sans attendre la réponse, dépose une grosse enveloppe sur votre bureau en disant : « Voici votre enveloppe personnelle, monsieur le directeur », et sort aussitôt. L’enveloppe n’est pas fermée : vous apercevez des liasses de billets ; au jugé il y en a pour plusieurs mois de votre salaire. Vous vous souvenez alors que le salarié en question, un employé administratif des services généraux, est également membre du CE et trésorier de l’association qui gère les divertissements proposés aux patients (spectacles, bibliothèque, jeux pour les enfants, etc.).

Que faites-vous le lendemain matin ?


Présentation du cas au sein d’un Master Ethique et Entreprise en Sorbonne : 02 - L’enveloppe de billets : diriger dans un contexte trouble

L’enveloppe de billet, diaporama+audio en ligne

Site du master

Le 4 mai 2010, Guillaume de LACOSTE vient nous raconter un cas de corruption dont il a été témoin et réfléchir avec nous au meilleur comportement à adopter dans une telle circonstance : que décider quand l’environnement vous piège ? Comment diriger dans un contexte trouble ?

Vous venez d’être nommé directeur d’un hôpital prestigieux, où vous étiez un chirurgien réputé, mais sans responsabilité de gestion. Les comptes sont très mauvais. L’ambiance est dégradée. Vous n’avez pas connaissance des dossiers de votre prédécesseur. Vous vous plongez à bras le corps dans vos nouvelles fonctions, quand, au bout d’un mois environ, à une heure tardive, un salarié entre dans votre bureau et s’adresse à vous : « Monsieur le Directeur, voici votre enveloppe personnelle ». Que faites-vous le lendemain matin ?

Le directeur serait présomptueux s’il croyait pouvoir profiter de cette corruption et quitter l’entreprise avant que tout explose : il serait tenu pour responsable, au minimum, de n’avoir rien fait. Il serait tout autant présomptueux de se faire justicier : il ne peut mener lui-même l’enquête sans porter atteinte au compromis qui maintient l’institution et sans renier la mission pour laquelle il a été nommé : être garant de sa stabilité. Alors, que peut-il faire ? Comment peut-il diriger son hôpital dans ce contexte trouble ?

Vous pouvez entendre l’intervention de Guillaume de LACOSTE, tout en visualisant le Power Point, en cliquant sur ce lien. Et vous pouvez en télécharger au bas de la page un pdf des transparents ainsi que la bande son, au format mp3, ou encore l’écouter en ligne.

Il peut être fructueux de commencer par faire le point sur ses objectifs : redresser l’hôpital ? Réussir sa carrière ? Il y a sans doute moyen de ne pas s’exposer inconsidérément en rendant à tous le service de maintenir le minimum de cohésion nécessaire à la bonne marche de l’hôpital. Résister aux tentations de la cupidité ou de la vaine gloire, tenir ce cap dans le temps, faire avancer l’enquête par d’autres, avec discrétion, ménager la surprise, laisser la Justice sévir, se positionner en garant de l’institution.

Une telle attitude exige des qualités remarquables, un caractère riche en intelligence des situations, en esprit de justice, en modération, discrétion, ténacité, etc. Le conférencier brosse un portrait du leadership exigé par une telle situation : tout un faisceau de vertus !

Guillaume de Lacoste est actuellement directeur des contenus des sites comprendrechoisir.com. Il a été éditeur en gestion d’entreprise. Il signe depuis longtemps des chroniques en éthique d’entreprise.

Matériel de présentation et audio à télécharger sur le site du Master