Publications de l’ICES

"Soljénitsyne. La force du témoignage" & "Maurice Blondel. Une philosophie du dépassement"

Lundi 1er février 2010, par stan // Vu pour vous

Voici les flyers de deux publications à propos de deux Géants, deux témoins en leurs ordres chez qui l’on ne peut que se laisser convaincre par la force du témoignage, l’unicité et la cohérence selon l’être, le penser et l’agir.

Le premier est une réedition, revue et augmentée de l’ouvrage de Jacques Paliard (1887-1953) : Maurice Blondel ou le dépassement chrétien (1950), laquelle offre la meilleur introduction à l’oeuvre de Blondel pour re-découvrir son oeuvre.

Le second est un numéro spécial des épatantes Annales de Vendée, dédié à "Soljénisyne - La force du témoignage".

Deux lectures que nous recommandons chaudement.

Au passage, merci à notre amie Marie Jeanne Seppey. Site de l’ICES à découvrir

"le bon exemple (la conduite exemplaire" ne doit pas servir de modèle, mais seulement de preuve pour montrer que ce qui est conforme au devoir est praticable ; ce n’est pas en comparant un homme avec un autre (considéré tel qu’il est), mais avec l’idée de ce qu’il doit être (de l’humanité), c’est-à-dire avec la Loi, que le maïtre trouvera une règle d’éducation qui ne trompe jamais (Kant, Vertu).

Et pour les "curieux, versus studieux" nous invitons à explorer la bibliothèque des classiques des sciences sociales, de bonnes surprises à propos de Soljénisyne & de Blondel vous y attendent

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BLONDEL-Une philosophie du dépassement par Jacques Paliard
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Soljénitsyne - La force du témoignage -Actes colloque ICES

"Une métaphysique intégrale demande que l’on se place successivement aux trois points de vue de la pensée, de l’être et de l’action, pour recon-naître que l’être et l’agir sont impliqués dans le penser, comme aussi le penser et l’agir dans l’être, comme enfin le penser et l’être dans l’agir. Et si, à l’étage humain, la pensée trouve qu’elle n’a pas assez d’être, si de son côté l’être est éprouvé comme insuffisamment lumineux à lui-même, c’est que cette pensée et cet être indigents ont à se chercher, à se conquérir, à se joindre par la média-tion de l’agir qui est le lien universel.

En chacune de ces trois perspectives, la première démarche est la même. Y a-t-il un problème ? Pourquoi ne pas nous contenter de penser, d’être ou d’agir ? Qu’est-ce donc qui fait problème ? C’est que nous reconnaissons les usages multivoques des termes penser, être, agir. C’est qu’en dépit de cette multivocité, nous impliquons globalement et plus profondément quelque signi-fication unique dont la richesse demande à être inventoriée. Mieux encore, c’est que la pensée nous impose de mettre en question, non seulement la réalité de l’être et de l’agir, mais sa propre réalité, puisqu’elle se juge, et se juge in-certaine et indigente. Prétendre qu’elle se saisit elle-même dans la conscience que nous en avons, qu’elle est à elle-même sa lumière et son témoignage, c’est l’immobiliser fictivement en de pseudodonnées immédiates, puisqu’au contrai-re cette lumière et ce témoignage comportent l’aveu de ses déficiences, de ses variations protéiformes, de son mouvement perpétuel. Prétendre inversement que, pour ces raisons mêmes, elle est insaisissable, c’est méconnaître qu’elle se ressaisit pourtant lorsqu’elle se juge telle et qu’elle est réellement à l’instant même [133] où elle se jugerait irréelle. Mais alors cette instabilité de la cons-cience impose à la pensée de se scruter dans ce qui est en deçà et sans doute aussi dans ce qui est au delà de la conscience actuelle et qui conditionne cette conscience. Ainsi doit-on, en deçà du conscient, en ce qui est conscient et au delà du conscient, se demander : que signifie : penser, et chercher « le dénomi-nateur commun ».

Jacques Paliard (1887-1953) : Maurice Blondel ou le dépassement chrétien (1950)