Publication du rapport « L’éthique organisationnelle au Québec : Étude sur les pratiques et les praticiens des secteurs privé, public et de la santé » produit par l’APEC (Association des Praticiens en Éthiques du Canada - Section Québec).

Jeudi 22 juillet 2010, par stan // Ressources

Saluons cet intéressant rapport. En y a-t-il un équivalent public sur la situation en France ?

Et si les entreprises a fort "capital" mettaient en ligne sous formes ouvertes leurs formations en éthique (et pas seulement en FOAD), nombre de micro ou petites entreprises (et qui n’en ont pas les moyens) pourraient en profiter ?

Bref, la mutualisation a souvent du bon ?

Merci à ceux qui s’inscrivent dans cette démarche de service, sans souci des honneurs et des places... de pouvoir (de domination).

Au vu de l’actualité et des "affaires", la marge de progression possible laisse espérer d’heureuses initiatives.

Publication du rapport « L’éthique organisationnelle au Québec : Étude sur les pratiques et les praticiens des secteurs privé, public et de la santé » produit par l’APEC (Association des Praticiens en Éthiques du Canada - Section Québec).

Et saluons au passage le travail de Thierry Pauchant et de son équipe à la Chaire de Management éthique de HEC Montréal

& une occasion de relire la LETTRE ENCYCLIQUE - CARITAS IN VERITATE

- >http://www.vatican.va/holy_father/b...]

Notamment au n° 45 & 46 :

45. Répondre aux exigences morales les plus profondes de la personne a aussi des retombées importantes et bénéfiques sur le plan économique. En effet, pour fonctionner correctement, l’économie a besoin de l’éthique ; non pas d’une éthique quelconque, mais d’une éthique amie de la personne. Aujourd’hui, on parle beaucoup d’éthique dans le domaine économique, financier ou industriel. Des Centres d’études et des parcours de formation de business ethics sont créés. Dans le monde développé, le système des certifications éthiques se répand à la suite du mouvement d’idées né autour de la responsabilité sociale de l’entreprise. Les banques proposent des comptes et des fonds d’investissement appelés « éthiques ». Une « finance éthique » se développe surtout à travers le microcrédit et, plus généralement, la microfinance. Ces processus sont appréciables et méritent un large soutien. Leurs effets positifs se font sentir même dans les régions les moins développées de la terre. Toutefois, il est bon d’élaborer aussi un critère valable de discernement, car on note un certain abus de l’adjectif « éthique » qui, employé de manière générique, se prête à désigner des contenus très divers, au point de faire passer sous son couvert des décisions et des choix contraires à la justice et au véritable bien de l’homme.

En fait, cela dépend en grande partie du système moral auquel on se réfère. Sur ce thème, la doctrine sociale de l’Église a une contribution spécifique à apporter, qui se fonde sur la création de l’homme « à l’image de Dieu » (Gn 1, 27), principe d’où découle la dignité inviolable de la personne humaine, de même que la valeur transcendante des normes morales naturelles. Une éthique économique qui méconnaîtrait ces deux piliers, risquerait inévitablement de perdre sa signification propre et de se prêter à des manipulations. Plus précisément, elle risquerait de s’adapter aux systèmes économiques et financiers existant, au lieu de corriger leurs dysfonctionnements. Elle finirait également, entre autres, par justifier le financement de projets non éthiques. En outre, il ne faut pas utiliser le mot « éthique » de façon idéologiquement discriminatoire, laissant entendre que les initiatives qui ne seraient pas formellement parées de cette qualification, ne seraient pas éthiques. Il faut œuvrer – et cette observation est ici essentielle ! – non seulement pour que naissent des secteurs ou des lignes « éthiques » dans l’économie ou dans la finance, mais pour que toute l’économie et toute la finance soient éthiques et le soient non à cause d’un étiquetage extérieur, mais à cause du respect d’exigences intrinsèques à leur nature même. La doctrine sociale de l’Église aborde ce sujet avec clarté quand elle rappelle que l’économie, en ses différentes ramifications, est un secteur de l’activité humaine [113].

46. Considérant les thématiques relatives au rapport entre entreprise et éthique, ainsi que l’évolution que le système de production connaît actuellement, il semble que la distinction faite jusqu’ici entre entreprises à but lucratif (profit) et organisations à but non lucratif (non profit) ne soit plus en mesure de rendre pleinement compte de la réalité, ni d’orienter efficacement l’avenir. Au cours de ces dernières décennies, une ample sphère intermédiaire entre ces deux types d’entreprises a surgi. Elle est constituée d’entreprises traditionnelles, – qui cependant souscrivent des pactes d’aide aux pays sous-développés –, de fondations qui sont l’expression d’entreprises individuelles, de groupes d’entreprises ayant des buts d’utilité sociale, du monde varié des acteurs de l’économie dite « civile et de communion ». Il ne s’agit pas seulement d’un « troisième secteur », mais d’une nouvelle réalité vaste et complexe, qui touche le privé et le public et qui n’exclut pas le profit mais le considère comme un instrument pour réaliser des objectifs humains et sociaux. Le fait que ces entreprises distribuent ou non leurs bénéfices ou bien qu’elles prennent l’une ou l’autre des formes prévues par les normes juridiques devient secondaire par rapport à leur orientation à concevoir le profit comme un moyen pour parvenir à des objectifs d’humanisation du marché et de la société. Il est souhaitable que ces nouveaux types d’entreprise trouvent également dans tous les pays un cadre juridique et fiscal convenable. Sans rien ôter à l’importance et à l’utilité économique et sociale des formes traditionnelles d’entreprise, elles font évoluer le système vers une plus claire et complète acceptation de leurs devoirs, de la part des agents économiques. Bien plus, la pluralité même des formes institutionnelles de l’entreprise crée un marché plus civique et en même temps plus compétitif.